Mardi 12 avril 2011
Pourtant tous concernés, les Durtaloises et les Durtalois ont boudé la réunion publique proposée par l'équipe municipale, un rendez-vous autour des nouvelles pratiques de désherbage respectueuses de l'environnement.
A l'heure où l'écologie prend une place importante sur l'échiquier politique à une année des élections présidentielles, et ce, en partie à cause de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon et grâce à l'impulsion provoquée par la candidature de Nicolas Hulot, des initiatives locales ont déjà vu le jour. La commune de Durtal s'est engagée depuis quelques années dans une démarche environnementale qui pourrait servir de modèle chez les communes voisines.
Biodiversité, développement durable, écologie, des mots que l'on entend chaque jour, et qui devraient, non plus rentrer uniquement dans un contexte de campagne électoral mais plutôt servir de base pour une société moderne prenant en compte les impératifs écologiques et économiques.
Le débat
M. André Logeais, maire de Durtal, a fait une brève introduction en rappelant les objectifs à atteindre : "On veut débattre sur les nouvelles pratiques de désherbage afin de diminuer l'utilisation des pesticides et aboutir au zéro phyto. Les agents de la commune ont totalement adhéré à cette démarche. Nous avons donc fait appel à un cabinet* pour établir un plan de désherbage".
Pour faire un bilan des espèces à protéger, la commune a accueilli deux spécialistes de la nature, Jean Martin et Richard Goupil, respectivement président et trésorier adjoint de l'association La Salamandre de Bazouges-sur-le-Loir. M. Martin a évoqué les habitudes d'antan : "Par le passé, disons jusque dans les années 60, les gens enlevaient les herbes à la main. Dans les villages on voyait une diversité de faune et de flore extraordinaire".
De son côté, M. Goupil établissait un état des lieux et faisait quelques constats: "Le particulier peut faire ce qu'il veut au contraire des agriculteurs qui suivent un cahier des charges. En utilisant des produits phytosanitaires comme le Roundup, on joue aux apprentis sorciers. Les cancers se développent". Il ajoutait que "la caractéristique de la biodiversité, c'est la multiplicité des espèces. Faire une pelouse, c'est en privilégier une seule, le ray-gras. Par conséquent, on élimine de nombreuses espèces indispensables à la chaîne alimentaire qui, de ce fait, se retrouve cassée".
Une fois le décor planté, M. Pinel, de La Noëlle Environnement, est intervenu pour expliquer le processus pour atteindre le zéro phyto : "L'idée est de ne plus désherber mais d'enherber. Cependant, cette solution ne peut être mise en place sur tous les secteurs de la commune. Nous avons donc besoin de solutions alternatives comme le balayage mécanique, le thermique que l'on considère comme étant une technique transitoire car dégageant trop de dioxyde de carbone (ndlr : gaz à effet de serre), la binette et pourquoi pas des animaux !". Mais clairvoyant, Bertrand Pinel annonçait que l'objectif, même s'il pouvait être atteint en une année, allait demander un peu de temps afin de ne pas heurter les habitudes.