Vendredi 3 février 2012 - Salle Coppélia à La Flèche
Dans un monde que l'on peut encore qualifier de machiste, les femmes tentent désespérément de trouver leur place. Et à l'heure où il est question de comparer les valeurs des civilisations et de s'indigner sur notre sort, ces femmes ne parviennent toujours pas à devenir l'égal de l'homme, ni dans leurs civilisations, ni même au sein de leurs propres foyers. Alors que la parité homme-femme est devenue un thème de campagne électorale, le constat est toujours accablant. Pis encore, le sort que subissent ces femmes régulièrement rabaissées au rang de moins que rien, parfois outils, parfois jouets, parfois défouloirs...
Le spectacle "Femmes passées sous silence" de François Bourcier est fragmenté en une série de témoignages qui nous rappellent que trop nombreuses sont celles encore bafouées, salies, violentées physiquement et moralement. Même si l'intention du metteur en scène n'est pas de militer en faveur d'une cause, sa pièce conduit le spectateur à n'avoir que du mépris face à des actes inhumains perpétrés par des monstres et des barbares qui ne se doutent peut-être pas de la souffrance qu'endurent leurs victimes, leur statut d'homme excusant tout comportement délictueux.
Le spectacle
Tout débute par une vidéo projetée sur une porte blanche, symbole de pureté et d'innocence. Une femme, une voix, un corps qui se débat. La souffrance. Ce n'est que le préambule d'une soirée qui mettra le public face à des réalités.
"Femmes passées sous silence" raconte des douleurs et des crimes. Sur scène, trois excellentes comédiennes. Flavie Avargues, Vanessa Bettanne et Caroline Filipek incarnent des femmes pour certaines battues ou violées, pour d'autres, victimes de traditions culturelles ou religieuses, ou encore d'inceste. Certains sujets rappellent des thèmes chantés par le talentueux auteur-compositeur Xavier Merlet venu se produire à Coppélia en septembre 2010 ("Oh je t'aime" pour la violence conjugale).
Outre les mots et les situations, la lumière et la bande son amplifient parfois la gravité des témoignages. Le décor est pourtant réduit à son strict minimum. Une porte, une chaise et quelques accessoires. Preuve que l'interprétation des actrices suffit à donner force aux différents témoignages.
En fin de spectacle, les comédiennes répondront à quelques questions posées par le public. Un échange toujours très apprécié.
"Femmes passées sous silence" n'a pas vocation à dévoiler des secrets ou des non-dits mais plutôt à renvoyer l'homme face à ses propres responsabilités, à savoir, le respect, la tolérance et le partage. Les outrances de la politique, du pouvoir, des religions, des croyances, des traditions et des coutumes sont parfois des maux qui condamnent certains de nos semblables à se taire à jamais. Preuve que l'intelligence n'est pas toujours le propre de l'homme.