Le Petit Musée de la Faune Locale
de Jean Martin |
C'est dans la commune de Bazouges-sur-Loir que Jean Martin a réalisé son petit musée il y a environ vingt ans. Mais l'origine de ses collections remonte à des temps un peu plus lointains...
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Pour présenter le Petit Musée de la Faune Locale, il faut en connaître son origine. Celle-ci remonte il y a quelques décennies, au moment de la seconde guerre mondiale. Jean Martin, dès son plus jeune âge, fréquente très souvent le jardin de son grand-père à Cré-sur-Loir. A cette époque où les activités étaient restreintes, pas de télévision, peu de loisirs, les enfants erraient de-ci de-là. Mais le petit Jean, intrigué par le monde de la nature, découvrait rapidement les trésors qui la composait. Il semblait même qu'il était doté d'un sens inné pour la recherche et l'observation des animaux.
Il ramasse alors tout ce qu'il trouve sur ce bout de terrain familial et en dehors : plumes, coquilles d'oeufs, crânes et squelettes d'animaux, nids vides... C'est alors qu'il constitue très vite un petit "musée" qu'il est fier de montrer à ses proches.
Au fil des années, la passion ne cesse de grandir. Vers 7-8 ans il naturalise ses premiers animaux ! Petit à petit, les gens de Cré et des environs lui amènent des animaux trouvés morts : le jeune garçon acquiert alors une réputation qui dépasse le village.
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Ce n'est que bien plus tard, alors que le parc zoologique du Tertre Rouge connaît un bel essor, que Jean Martin est contacté par Jacques Bouillault pour réaliser avec lui le Musée de la Faune Régionale. Deux années de taxidermie lui permettront d'accroître des compétences qui lui serviront tout au long de sa carrière professionnelle. Car de 1965 à 2000, Jean Martin sera taxidermiste, une activité artisanale qui l'amènera à devenir pendant cinq ans le vice-président des taxidermistes de France.
Fort d'une ambition croissante et possédant une collection de plus en plus étoffée, Jean Martin décide alors de créer à Bazouges-sur-Loir un musée qu'il nomme fièrement "Le Petit Musée de la Faune Locale". Installé dans le grenier familial depuis déjà 20 ans, les collections sont composées de plusieurs centaines d'animaux sur une surface de 120 m². Dans le souci de présenter les différentes espèces comme si nous les observions dans la nature, le naturaliste a réalisé des petits dioramas qui remettent en scène les animaux dans leur environnement habituel.
Les animaux présentés dans le musée sont tous issus de la faune locale. Leurs origines sont diverses : animaux tués sur la route, pris dans les fils à haute tension ou ramenés par des chasseurs.
Jean Martin accueille régulièrement des groupes scolaires dans le cadre du programme de sciences naturelles. Véritable pédagogue il tente, lors de ses visites commentées, de sensibiliser le public sur notre responsabilité vis-à-vis de l'environnement.
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Reproduction d'une scène avec des marcassins

Lors des journées du Patrimoine 2009
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Journées du Patrimoine 2009 |
Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2009
Ouvrant les portes du Petit Musée de la Faune Locale dont il est le créateur, Jean Martin a accueilli près de 70 visiteurs lors des Journées Européennes du Patrimoine. Un joli succès qui tient surtout à la reconnaissance du public pour cet homme qui, depuis l'âge de 8 ans, s'adonne à sa passion, la nature.
Observateur, il a profité de cette occasion pour tirer la sonnette d'alarme sur le déclin de nombreuses espèces de nos régions dont le moineau domestique, entre autres.
Toujours à l'affût des dernières découvertes qui permettraient d'atténuer l'impact négatif des activités humaines, Jean Martin a longuement échangé avec son auditoire. De récits en anecdotes parfois surprenantes et souvent amusantes, il avoue cependant son pessimisme quant à la réelle volonté du pouvoir face aux intérêts financiers et aux lobbies des multinationales.
Néanmoins, les visiteurs conserveront de cette rencontre l'amour et la passion d'un homme pour son environnement. Un exemple de partage à suivre pour les nouvelles générations. |
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Les animaux de la ferme
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Jean Martin , créateur du Petit Musée de la Faune Locale
Certains s'opposent aux musées de sciences naturelles.
Qu'en pensez-vous ?
Il existe effectivement une catégorie d'opposants qui ne supporte pas de voir des animaux "empaillés" dans les musées ! Faut-il pour autant détruire un patrimoine qui date |
de plusieurs siècles ? Que disent et que font ces opposants face aux centaines de milliers de victimes sur les routes (hérissons, chouettes, fouines, oiseaux divers), les oiseaux tués en se fracassant sur les baies vitrées ou piégés dans les poteaux téléphoniques ou électriques dont l'ouverture n'est pas obstruée ?
Tout au long de votre carrière, avez-vous constaté une évolution quant au nombre des espèces présentes dans notre région ?
A l'époque où j'observais les animaux dans le jardin de mon grand-père ou dans la campagne, les espèces étaient fréquentes et très bien représentées quantitativement. Il faut reconnaître aujourd'hui la raréfaction de certaines espèces qui étaient pourtant très courantes dans les années 40-50. On peut citer le moineau friquet, la rousserole turdoïde, la chouette chevêche, le rouge-queue à front blanc, la musaraigne aquatique, la loutre, le vison d'Europe... Egalement en chute, la perdrix grise et la perdrix rouge. Un constat alarmant que j'observe depuis trop longtemps et qui semble irréversible.
Comment expliquez-vous ce déclin ?
Nous ne pouvons pas mettre en cause le réchauffement climatique qui est un phénomène trop récent. Par contre, plusieurs facteurs ont contribués et contribuent toujours à la diminution en nombre d'espèces animales dans notre région, au risque de les voir disparaître à jamais. Toutes les causes sont d'origines humaines. Parmi elles, la transformation du paysage provoquée par la politique de remembrement dans les années 50-60. Ou encore l'arrivée des tracteurs et autres gros matériels agricoles, l'arrachage des haies, la monoculture qui n'est pas adaptée à la diversité de la faune, l'utilisation intensive et systématique de pesticides, engrais...
Et l'avenir ?
Je me rappelle du temps où la nature était foisonnante, les espèces nombreuses. Même s'il existe encore plein de lieux qui permettent de faire de belles observations, l'inquiétude est grande. Seule une longue sensibilisation envers le jeune public permettra d'inverser la tendance, mais à une condition : que tous les pays de la planète agissent dès maintenant et adoptent les mêmes mesures. S'il s'agit de payer plus pour polluer plus, nous condamnerons notre planète à moyen terme ! |

Les nombreux dioramas du musée de Jean Martin
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Petit Musée
de la Faune Locale
22 rue d'Angers
72200 Bazouges-sur-Loir
Tél : 02 43 45 32 77
Visite sur rendez-vous
Entrée gratuite
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Un écureuil se nourrissant
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